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BLOG DE MONTAGNE | REPORTAGES

Première descente intégrale avec skis de la paroi centrale du Diamir au Nanga Parbat, par Luis Stitzinger

Après 8 semaines d'expédition, et presque deux sommets, le munichois Luis Stitzinger, de l'équipe Dynafit, a réussi la première descente directe du versant de Diamir. Par le centre de la paroi, en esquivant les séracs.
En réalité, ce n'est pas la première descente avec skis du Nanga, puisque Kammerlander et Wellig sont descendus par la route Kinshofer, la normale, en 1990, en partant de la cime Nord, à 8.070 mètres d’altitude. Mais personne n'avait encore osé se lancer par la paroi verticale centrale.

L'activité est incroyable. D'abord nous résumerons l'expédition, ensuite nous traduirons la chronique que nous a envoyé Luis depuis le campement de base.

Petit résumé, l'activité est longue : Le 21 juin, Luis, avec ses compagnons, a atteint le sommet du Nanga, le premier de la saison.

Ne se contentant pas, il part avec Joe Lunger pour tenter l'arête Mezano pas encore escaladée, de plus d’une dizaine de kilomètres de longueur, et après 7 jours d'escalade, ils atteignent la seconde plus haute altitude de l'histoire, avec des pas de VI, M4 et A3, (et les skis sur le dos...) mais ils se sont vus obligé de descendre. Et alors, pour finir, il part du camp de base et en seulement 22 heures non-stop, il atteint le point le plus haut de la paroi, où il doit commencer à skier, à seulement 300 mètres de distance du sommet (distance, non dénivellement), et en 2 heures il réalise la première descente avec skis de la paroi.

Qui dit mieux ? Réellement étonnant.

Le jour du premier sommet, (le 21 juin) 9 membres de l'équipe Amical et 6 du DAV Summit Club sont sortis du camp 4 vers le sommet. Finalement, à 16h30, Rainer Pircher, Thomas Streng, Luis Stitzinger (chef d'expédition du DAV Summit Club), Alix Von Melle, Helga Söll, Jürgen Greher, Josef Lunger, Florian Hübschenberger, Daniele Nardo et Mario Panzeri, ont réussi à couronner le Nanga Parbat, en plein milieu d’un temps splendide. Une heure tardive, qui leur a permis d'avoir l'expérience d'une tombée du jour depuis 8.000 mètres, mais qui les a obligé à redescendre la paroi dans l'obscurité. Une grande nuit de bonne visibilité a fait qu'à 22h00, ils atteignaient déjà le camp 4, et deux jours après le camp de base.

Luis a transporté les skis, mais la mauvaise qualité de la neige a fait qu'il a dû descendre avec ces derniers sur le dos.

Mais la chose ne s’est pas achevée ici. Luis Stitzinger et Joe Lunger ont décidé qu'il y avait le temps pour tenter quelque chose en plus. Naturellement, Luis avait en tête la descente avec les skis, mais ils voulaient quelque chose de bon pour l’ascension : parvenir à la première traversée complète de l'arête Mazeno, jusqu'au sommet, à 8.125 mètres d’altitude : 10 Kms d'arête depuis la vallée jusqu’aux 8.000 mètres ! Elle divise la vallée de Diamir et celle de Rupal. Elle possède 8 sommets individuels au-dessus des 7.000 mètres. Des personnes comme Doug Scott, Jean Troillet ou Woiteck Kurtyka ont tenté ce kilométrage, mais ils sont restés loin du succès. Les américains Doug Chabot et Steve Swenson ont été ceux qui se sont le plus approchés, en 2004, après avoir atteint le Col Mazeno, à seulement une journée du sommet, et ont affirmé qu'ils avaient rencontré des difficultés de VI, M4 et A3.

En mettant à profit la parfaite acclimatation qu'ils avaient après avoir atteint le sommet, le 2 juillet Luis et Joe partent vers l'arête. Ils arrivent jusqu’au Karó Pass, et continuent jusqu'au Col Mazeno, mais avant de l'atteindre ils suivent l'arête vers la gauche et atteignent la ligne principale de l'arête Mazeno, 3 sommets avant la ligne que Chabot et Swenson ont suivi en 2004 ce qui leur a rallongé la crête de plusieurs kilomètres. Le septième jour d'escalade ils font sommet à la Pointe Mazeno (7.145 m), toujours très loin du sommet, ils se retrouvent sans approvisionnements, et se voient obligés de croiser jusqu'à la route en solitaire qu’a employé Messner, et après 8 heures de descente entre crevasses et séracs, ils sont arrivés au camp de base.

Mais ils suivent sans se soumettre, et après s'être reposé peu de jours, Luis s’en va de nouveau pour le sommet, avec la saine intention de descendre avec les skis, par le centre de la paroi du Diamir. Il se prépare quelques jours, en réalisant des descentes depuis le camp 3 (6.810 m), avec zones de 60º et beaucoup de glace, mais en parvenant à skier à chaque mètre.

Il n’y a plus beaucoup de temps, ainsi que sans hésiter, il sort pour la cime. En 6 heures il arrive au camp 2, à 6.070 mètres. À 18h00, de nuit (il a pensé que c’était plus sûr pour éviter les éboulements du couloir), il continue et en 3 heures et demie il arrive au camp 3 (6.800 mètres). Mais il ne s’arrête pas, et continue d'ouvrir une trace jusqu'au camp 4 (par ce terrain cela fait 2 semaines que personne ne passe), à 7.200 mètres. Selon Luis, les cordes fixes sont enterrées, et lui va en s’enfonçant jusqu'au genou.

Les basses températures de la nuit l'obligent finalement à faire un trou pour se protéger et attendre que sorte le soleil. Avec le premier rayon, Luis se dirige vers la paroi sommitale, jusqu'à ce qu'il arrive à 300 mètres de distance du sommet (distance, non dénivellement), une fois à l'arête sommitale, la fatigue de l'ascension non-stop l’oblige à prendre une décision : ou bien arriver pour la seconde fois au sommet, ou alors descendre avec les skis. Des forces pour les deux choses, il n’en a pas. Comme la descente de la paroi avec skis commence au point où il se trouve (c'est-à-dire, il va descendre la paroi complète), et que 3 semaines avant il a déjà fait sommet, il n'a donc pas de doute dans le choix de la descente avec skis. Ainsi que, après 21 heures d’ascension depuis le camp de base, il chausse les skis, et se jette.

La navigation n'est pas facile par cette paroi. D’en bas, ou sur la photo, on voit le chemin, mais d’en haut on ne sait pas où aller. Ainsi que Joe a choisi la route depuis le camp de base, en suivant la descente avec des jumelles et en indiquant à Luis où il devait tirer. Cela lui a évité de se mettre dans de grosses galères. D'abord le couloir de sommet, ensuite le labyrinthe de séracs, des crevasses et des pentes de jusqu'à 55º. La partie la plus complexe a été "l’escalier", une zone très étroite de 55º, qui pour une plus grande complication était formée par une cascade de séracs.

En 2 heures il terminait la descente, et se trouvait à 4.500 mètres, complétant une ascension-descente du Nanga Parbat en seulement 24 heures et 33 minutes.

Une activité incroyable qui nous laisse abasourdis dans son ensemble. Premier sommet de la saison. Ensuite, 7 jours d'escalade sur l'arête Mazeno, en atteignant le deuxième plus haut point de l'histoire. Plus tard, une descente, et plusieurs ascensions jusqu'au camp 3 pour descendre avec skis la route normale depuis ce dernier. Puis, une ascension depuis le camp de base jusqu’à l'arête sommitale en 22 heures. Et finalement, la première descente en skis de la paroi centrale du Diamir, en seulement 2 heures.







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