Alpinisme et parcours du circuit des hospices. La traversée historique qui passe par Aran, Benasque et Luchon

Guide pour réaliser le parcours en 6 jours: passage dans les vallées de Aran, Benasque et Luchon et leurs étapes à haute altitude, leurs refuges et les hospices médiévaux.

Le Puerto Viello de Benasque. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
La raison principale de ce reportage est de transmettre certaines idées issues d’une longue et fructueuse conversation avec le guide de montagne Chemary Carrera.

C'est un voyage qui démontre que les Pyrénées, bien qu'étant une grande barrière géographique, forment également un univers unique dans ses altitudes. Un univers qui, malgré l'existence de cette barrière, unit plus qu'il ne sépare.

Il s’agit surtout d’un voyage chargé d'histoire, la slow mountain à l'état pur, qui va bien au-delà de l'activité sportive et même de l'alpinisme.

Ne vous étonnez donc pas si l'article comporte un premier chapitre consacré à l'histoire millénaire de ses cols, refuges et hospices. Certes, il n'est pas très courant de remonter au néolithique dans le guide d'une randonnée en montagne, mais n'ayez pas peur et ne fuyez pas malgré cet avertissement. Nous pensons qu'il vous plaira beaucoup. Vous verrez sous un autre oeil les lieux qui seront évoqués ici.

C'est notre passion et notre émerveillement qui est à l'origine de la publication de l'article.

Il fut également écrit dans le cadre de la collaboration avec le projet transfrontalier pyrénéen EntrePyr, https://entrepyr.eu

EntrePyr

Le projet EntrePyr, sous l’égide de l’Union Européenne, a recensé plus de 70 refuges de montagne dans les Pyrénées, façonnant un grand réseau de routes, parcours au sein de cette Chaîne de montagne. Informations, réservations, cartographie numérique interactive avec des itinéraires entre les refuges permettant à chacun de gérer ses déplacements...

Le projet est composé de nombreux partenaires, dont toutes les fédérations concernées (aragonaise, andorrane, catalane, française, navarraise), les gouvernements locaux (Andorre, Aquitaine, Aragon, Aran, Catalogne, Navarre), ainsi que des universités (Toulouse et Saragosse) et des clubs (Club Alpin Français de Pau, Centre Excursionista de Catalunya, Unió Excursionista de Catalunya Agrupació Esportiva).

Cet article, ainsi que d'autres, s'inscrit dans le cadre du soutien de Barrabes au projet.

HOSPICES, REFUGES ET PORTS DE MONTAGNE. CIRCUIT ENTRE LES VALLÉES DE BENASQUE, LUCHON ET VAL D'ARAN

Un petit index :

  • Nous commençons notre reportage en évoquant l'histoire des Ports de montagne.
  • Puis, nous poursuivrons avec celui des Hospices.
  • Nous présenterons les Refuges qui composent le circuit.
  • Et finalement, nous expliquons avec plus de détails en quoi consistent les 6 étapes de la route.

Attention, il s'agit d'une traversée estivale. En hiver, les cols deviennent impossibles, sous des mètres de neige, et toute activité sur ces derniers devient un défi alpin majeur. Certains refuges sont même contraints de fermer de novembre au printemps.

Les Ports de montagne

Les ports ou cols sont les moyens les plus faciles - les seuls, en fait - dont disposent les habitants des Pyrénées depuis des millénaires pour communiquer, rendre visite à leurs amis, familles, ou établir des relations commerciales avec les vallées voisines, surmontant ainsi l'apparente impénétrabilité de la Chaîne de montagnes des Pyrénées.

Elles sont l'emblème de la montagne qui, comme les sommets, ne connaît pas les frontières, mais les besoins et la vie. Car les Pyrénées forment une barrière dont les zones élevées ne sont pas un lieu de séparation, mais un lieu de contact, de connaissance et d'union.

Là, sur ce territoire commun, en été, bergers, paysans, pèlerins, contrebandiers et voyageurs se rencontraient et partageaient. De temps à autre, ils voyaient passer l'histoire : les troupes de Napoléon et d'autres armées traversaient le col de Benasque. Ces col furent témoins de l'exil républicain et, dans l'autre sens, la fuite désespérée des victimes du nazisme.

De nos jours, on y trouve les bergers ainsi que les amateurs de la montagne venant de différents coins du monde.

Sur le Puerto de la Picada. Photo: Fundación Hospital de Benasque
Sur le Puerto de la Picada. Photo: Fundación Hospital de Benasque
La plupart du temps, le passage des cols implique des itinéraires avec des passages bien au-dessus de deux mille mètres d’altitude, sur un terrain accidenté et enneigé, balayé par les habituelles tempêtes et bourrasques pyrénéennes.

Il n'est pas surprenant qu'autrefois leur traversée ait été considérée comme un mal nécessaire, limité à l'été, lorsque, malgré la traversée de champs de neige et de terrains difficiles, elle était praticable ; aujourd'hui, en revanche, elle constitue une traversée extraordinaire et très prisée par les amateurs d'alpinisme.

Le printemps sur l’Anéto depuis le Port de Benasque. Photo: Jorge Mayoral/Llanos del Hospital
Le printemps sur l’Anéto depuis le Port de Benasque. Photo: Jorge Mayoral/Llanos del Hospital
Ce sont des randonnées qui vont bien au-delà de l'aspect sportif. Elles sont purement historiques, marquées, dans le cas des vallées de Benasque, Noguera Ribagorzana, Aran et Luchon, par ses hospices.
Llanos del Hospital, Hospice de Benasque. Photo: Llanos del Hospital
Llanos del Hospital, Hospice de Benasque. Photo: Llanos del Hospital

Les Hospices

Le nom ne doit pas vous induire en erreur. Ces hôpitaux, au Moyen Âge, n'étaient pas des lieux où l'on soignait les malades, mais où l'on aidait, abritait et protégeait les marcheurs et les pèlerins. Ces endroits étaient bien nécessaire dans ces montagnes. Ils pouvaient y dormir, récupérer leurs forces et, en cas de maladie ou de blessure, être soignés et pris en charge jusqu'à ce que leurs forces leur permettent de reprendre leur route.

Au fil du temps, le mot a changé de sens, mais certains mots comme "hospitalité" sont issus de l'époque où ils étaient des lieux d'accueil et d'hébergement sur la route.

Ils furent fondés au 12ème siècle par les Frères de l’Ordre de Saint Jean, connus sous le nom de l’ Ordre de Saint Jean de l’Hôpital de Jérusalem ou comme l’ Ordre Hospitalier des Frères de Saint Jean de Jérusalem. Ces frères hospitaliers étaient responsables de l'entretien des hospices et des soins apportés aux personnes qui y séjournaient. Par la suite, ils ont évolué aux côtés des Templiers pour former l’Ordre Militaire des Chevaliers de Saint Jean.

L'importance et la nécessité de ces Hospices sont telles que, 10 siècles plus tard, adaptés au XXIe siècle, 3 des 4 qui se situent dans ces vallées tiennent encore debout.

L’Hospice de Vielha

L’Hospice de Sant Nicolau dels Pontells, aussi connu sous le nom de Hospice de Vielha, a été fondé en 1190. Il est situé dans la vallée de la Noguera Ribagorzana, près de l'embouchure sud du tunnel de Vielha. On y trouve encore des bâtiments qui, pendant la construction du tunnel, servaient de logement aux ouvriers. Aujourd'hui, ils sont utilisés par quelques bergers.
Hospice de Sant Nicolau dels Pontells en 1907. Photo Juli Soler i Santaló, Viquipèdia Commons
Hospice de Sant Nicolau dels Pontells en 1907. Photo Juli Soler i Santaló, Viquipèdia Commons
Aujourd’hui, on pourrait considérer le Refuge de Conangles, eraportadaran.com/refugi-de-conangles/, situé dans la forêt plus en bas dans la vallée, en plein GR11, comme un successeur en terme d’accueil aux voyageurs.
Refuge de Conangles. Photo: Era Porta de d
Refuge de Conangles. Photo: Era Porta de d'Aran

L’Hospice de Benasque

L’Hospice de Benasque a été fondé en 1172. Il s’agit de l’actuel hôtel de Llanos del Hospital, www.llanosdelhospital.com
Llanos del Hospital, Hospice de Benasque. Photo: Llanos del Hospital
Llanos del Hospital, Hospice de Benasque. Photo: Llanos del Hospital
Quelques ruines de l'hôspice original du XIIe siècle et de la chapelle romane de San Salvador subsistent à 600 m à l'ouest. Probablement par manque d'espace pour s'étendre sur le flanc de la colline, un nouveau site a été trouvé au XVIe siècle dans la plaine, à 500 m à l'est du site actuel, qui a été détruit par une avalanche au début du XIXe siècle.

Il a ensuite été déplacé et restauré à nouveau à l’endroit que nous connaissons aujourd’hui.

Vestiges de l
Vestiges de l'ermitage de San Salvador, Llanos del Hospital

L’Hospice de Era Artiga de Lin

L’ancien Hospice de Era Artiga de Lin était situé dans la zone où se trouve l'ermitage de Mair de Diu dera Artiga de Lin, dans cette sous-vallée paradisiaque du Val d'Aran.

Son successeur est aujourd’hui le Refuge de Era Artiga de Lin, inauguré il y a à peine 4 ans. artigadelin.com

Era Artiga de Lin. En arrière-plan, le col de Benasque. Photo: Refuge Artiga de Lin
Era Artiga de Lin. En arrière-plan, le col de Benasque. Photo: Refuge Artiga de Lin

L’Hospice de France

La date exacte de la fondation de l'Hospice de France à Luchon n'est pas connue. Sa première trace documentaire date du 25 mai 1200, par une donation faite par Sanche Garsie d'Aure pour son entretien, il est donc probable qu'il soit un peu antérieur, comme les autres.

Le bâtiment actuel date du XVIIe siècle et est toujours utilisé comme auberge et restaurant réputés, à 10 km de la ville, au pied du col. www.hospicedefrance.fr

Hospice de France. Photo: Hospice de France
Hospice de France. Photo: Hospice de France

Les abris des bergers et les Refuges : protection en hauteur

Les Hospices étaient situés loin des villages, mais au pied des cols. Ils étaient toujours à une journée de marche l'un de l'autre, permettant à ceux qui traversaient les Pyrénées d'aller de l'un à l'autre après une longue et dure journée de voyage. Un éternel voyage qui, dans la grande majorité des cas, ne pouvait se faire qu'avec l'aide de guides locaux.

Les cabanes de berger, petits abris en pierre, simples et très basiques, ont apporté une solution à ces besoins.

Un ancien abris de bergers dans la vallée del Ésera. Photo: JChueca/Barrabes
Un ancien abris de bergers dans la vallée del Ésera. Photo: JChueca/Barrabes
Avec le temps et l'arrivée des premiers alpinistes pyrénéens, il y a quelques siècles, certains de ces refuges se sont transformés en abris. Ils ont été rejoints par de nouveaux, plus grands, qui appartiennent désormais à l'histoire, créés pour servir ceux qui commençaient à visiter les Pyrénées, désireux de gravir ses plus hauts sommets.
Bergers, guides et pyrénéistes à Benasque. Photo: Fundación Hospital Benasque
Bergers, guides et pyrénéistes à Benasque. Photo: Fundación Hospital Benasque
L'itinéraire que nous allons vous présenter relie des hospices, mais utilise aussi des refuges abrités. Ces lieux sont empreints de l'atmosphère des Pyrénées et nous permettent de connaître les deux facettes de l'histoire millénaire de ces montagnes :

  • Les Hospices, au pied du col, qui servaient principalement aux personnes de passage.
  • Les refuges, évolution des cabanes utilisées depuis le néolithique par ceux qui, pendant les mois où l'absence de neige le permettait, vivaient dans des conditions précaires sur ces hauteurs avec leur bétail.
  • Abris de berger de Lliterola, Benasque. Réformé et opérationnel. Photo: JChueca/Barrabes
    Abris de berger de Lliterola, Benasque. Réformé et opérationnel. Photo: JChueca/Barrabes
    Évoquer la préhistoire vous semble t-il un peu trop exagéré? Pas forcément car il y a quelques années, la plus ancienne preuve de transhumance en Europe a été découverte dans la grotte d'Els Trocs, entre San Feliu de Veri et Bisaurri, dans la partie méridionale de la vallée de Benasque. Elle date de 7 300 ans et a permis de démontrer que ce mode de vie était déjà pratiqué à l'époque néolithique.

    Pour le trouver, il faut suivre l'actuel itinéraire de transhumance depuis les lointaines basses vallées de l'Ebre jusqu'aux hauts pâturages de la vallée du Benasque (Estós/Cerler/Besurta/Aigüeta de la Ball). Et il est possible qu'au cours de tous ces millénaires, il n'ait pas changé.

    Pensez-y quand vous marchez dans ces montagnes et quand vous voyez les petites cabanes dans les hauts pâturages. C'est un luxe.

    Le Refuge de la Renclusa

    Il y a peu à dire sur le Refuge de la Renclusa que vous sachiez pas déjà. Il a plus de 100 ans et sa construction originale a accueilli les premiers alpinistes de l'Aneto dans ses murs. Il est géré par la mairie de Benasque, la Fédération aragonaise d'alpinisme et le Centre Excursionista de Catalunya, qui a construit le bâtiment actuel en 1912.
    La Renclusa il y a 100 ans. Photo: Fundación Hospital de Benasque
    La Renclusa il y a 100 ans. Photo: Fundación Hospital de Benasque
    Tous les amoureux des Pyrénées devraient passer au moins une nuit, presque comme s’il s’agissait d’un pèlerinage. www.alberguesyrefugios.com/larenclusa
     Refuge de la Renclusa
    Refuge de la Renclusa

    Le Refuge de Artiga de Lin

    Le nouveau Refuge de Era Artiga de Lin a ouvert ses portes peu avant le confinement. Tenu par Silvia et Joan, situé dans un lieu paradisiaque, il est la continuation des restes de l'Hospice médiéval disparu.

    La possibilité d'être approvisionné par une logistique simple grâce à la piste qui traverse la forêt, permet d'avoir une gastronomie à zéro kilomètre, avec des produits provenant de la vallée. artigadelin.com

    Refuge Era Artiga de Lin
    Refuge de Artiga de Lin

    Le Refuge de Vénasque

    Le Refuge de Vénasque a été inauguré cette année. Il devait en effet être rénové et sa situation géographique rendait son déménagement souhaitable. Ainsi, à quelques encablures de l'ancien, sur un isthme entre les boums, à un peu plus de 2 200 m d'altitude, le nouveau bâtiment a été achevé à la fin de l'été dernier. C’est Clara, sa gardienne, qui en a la charge.refugedevenasque.ffcam.fr
    Refuge de Vénasque, entre les Boums. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
    Refuge de Vénasque, entre les Boums. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
    Un endroit, d'ailleurs, que beaucoup de ceux qui font l'ascension du col de Benasque et de la Salvaguardia devraient connaître ; situé à une demi-heure du col, en entrant en France. Il permet de se reposer et de se rafraîchir dans un endroit extraordinaire.

    (Pour votre information, le mot « boum » appartient à la langue occitane et désigne petits lacs de montagne d'origine glaciaire des Pyrénées. On retrouve le mot aragonais ibón également.)

    Le Refuge de Maupas

    Le Refuge de Maupas, est situé à 2 400 m d'altitude, c'est l'un des plus hauts des Pyrénées. Il offre le confort nécessaire pour se reposer après la journée, sans grand luxe mais avec une excellente ambiance montagnarde : une seule chambre pour 30 personnes et un dîner chaud en plus d’un bon petit déjeuner fournis par la gardienne des lieux, Nathalie. refugedumaupas.ffcam.fr/
    Refuge de Maupas. Photo: Chemary Carrera/Barrabes
    Refuge de Maupas. Photo: Chemary Carrera/Barrabes
    Il donne accès à la géologie accidentée des crêtes et des trois mille qui séparent la vallée de la Lys, dans le Luchonnais, de la vallée de l'Estós, à Benasque. Il n'y a pas de mots pour décrire la beauté et l'immensité de cette région à quelqu'un qui ne la connaît pas ; le Comte Russell la surnommait “le coeur polaire des Pyrénnées”. A juste titre.
    A gauche, le Luchonnais; à droite, Estós, depuis le sommet des Gourgs Blancs. Photo: JChueca/Barrabes
    A gauche, le Luchonnais; à droite, Estós, depuis le sommet des Gourgs Blancs. Photo: JChueca/Barrabes

    La traversée des Hospices : 6 jours parcourant montagnes et vallées

    Ce parcours a été imaginé par Chemary Carrera, guide de montagne de maspirineo.com. L’idée, sa mise en œuvre, les indication et les photos viennent de lui.

    Chemary est né à Chía, dans la vallée de Benasque, dans une famille de bergers et d'éleveurs toujours attachés à leur métier ancestral. Ces montagnes, leurs secrets et surtout la profondeur culturelle et vitale de leur histoire, de leurs hommes et de leurs langues, ne sont pas un secret pour lui.

    Il n'y a guère de personnes mieux placées que lui pour porter une activité sportive à un niveau supérieur, ce qui, aujourd'hui, est malheureusement souvent oublié.

    Le parcours et ses variantes

    Le parcours va de la vallée de Benasque jusqu’au Luchonnais et au Val d’Aran, dans un transit transfrontalier à travers les montagnes qui unissent ces territoires étroitement liés. Il s'agit d'un itinéraire qui, à la base, nous semble magnifique, mais qui peut offrir de nombreuses variantes, puisqu'il peut également être commencé à n'importe lequel de ses points.
    Lac Celinda. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
    Lac Celinda. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
    En fait, vous verrez que cette fois la traversée vers Noguera Ribagorzana et le Refuge des Conangles et, par conséquent, vers l'ancien Hospice Vielha n'a pas été incluse. Il est facile d'inclure cette boucle dans l'itinéraire, car c'est la fin de l'étape du GR11, soit depuis la Renclusa, soit depuis le refuge Llauset, et les informations ne manquent pas.

    Sans oublier d'autres possibilités d'expansion : à l'ouest, le refuge d'Estós et le refuge de Biadós ou, à l'est, le parc national d'Aigüestortes i Estany de Sant Maurici et leurs abris. Sur les pages Buff Entre Refugios et Tour del Aneto vous pouvez trouver des variantes et plus d'idées, et sur entrepyr.eu. En plus de toute la cartographie numérique et des réservations, vous pourrez établir votre propre itinéraire.

    Vallée de Estós, Benasque. Photo: J.Chueca/Barrabes
    Vallée de Estós, Benasque. Photo: J.Chueca/Barrabes
    Vous constaterez que la description des étapes est quelque peu succincte. L'objectif est d'indiquer l'itinéraire ; les personnes suffisamment expérimentées peuvent facilement, à l'aide de ce guide général, de cartes et, éventuellement, d'informations sur internet, établir leur propre itinéraire.

    Si vous n'avez pas d'expérience, vous devrez faire appel aux services d'un guide, ou vous limiter aux zones les plus simples et les plus basses. Nous ne nous lasserons jamais de le répéter : un guide est une personne qui, en plus de veiller à votre sécurité, peut vous faire découvrir un monde merveilleux qu'il connaît sur le bout des doigts. C'est quelqu'un qui a consacré sa vie à la montagne pour nous la montrer et nous la faire découvrir.

    C'est ainsi que nous commençons notre voyage. Le point de départ est à Llanos del Hospital, Vallée de Benasque.

    Étape 1. De Llanos del Hospital au Refuge de Maupas par le Col Viello

    • Distance : 10,7km
    • Dénivelé + : 1240m
    • Dénivelé - : 555m
    • Durée approx : 7h 30 min (arrêts inclus)
    • Altitude Max : 2632m (Col Viello)
    • Altitud Min : 1760m (Hospice de Benasque)
    • Le Puerto Viello est méconnu et peu fréquenté, avec des montées et des descentes qui ne sont pas balisées pour l'instant et qui requièrent donc une bonne expérience de la montagne. Un début de traversée difficile, mais qui nous fait découvrir les Pyrénées d'une manière difficilement comparable.

      Brêche du Puerto Viello, côté sud, sur le coin supérieur à droite. Photo: JChueca
      Brêche du Puerto Viello, côté sud, sur le coin supérieur à droite. Photo: JChueca
      Et voici le col depuis le nord, vu depuis le lac Celinda, situé en altitude, à proximité de celui-ci.
      Lac Celinda. Au fond, Puerto Viello depuis le nord. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Lac Celinda. Au fond, Puerto Viello depuis le nord. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Même au début de l'été, il est possible que cet endroit soit encore couvert de neige et vous devrez donc évaluer sérieusement s'il est possible de passer le col entre les lacs Celinda et Bleu (sentier étroit et très exposé) en toute sécurité.
      Piste entre les Lacs Celinda et Bleu. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Piste entre les Lacs Celinda et Bleu. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Dans les deux cas, il faut des crampons et des piolets et savoir les utiliser correctement.
      Col Viello, avec le regard posé vers Llanos. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Col Viello, avec le regard posé vers Llanos. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Description

      Depuis les Llanos del Hospital, vous prenez le chemin Ibón de Gorgutes jusqu'à l'embranchement du Puerto Viello.

      Pedrera vers le Puerto Viello depuis le sud. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Pedrera vers le Puerto Viello depuis le sud. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Après avoir franchi le col de Puerto Viello, on descend vers le Boum de Celinda. Il est très facile de se perdre à cause d’une éventuelle mauvaise visibilité, car peu après le début de la descente, il faut traverser à gauche, en suivant une zone rocheuse jusqu'au bord gauche du lac.
      Col Viello hacia Lac de Puerto Viello. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Col Viello hacia Lac de Puerto Viello. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      De là, vous poursuivez le chemin qui vous mène au lac Charles.
      Lac Charles. Photo Chemary Carrera/Maspirineo
      Lac Charles. Photo Chemary Carrera/Maspirineo
      Vous continuez sur la même route jusqu'au lac Bleu, en contournant le Pic de Graües. Joli cadeau en perspective : la vue panoramique spectaculaire du lac Vert à vos pieds.
      Lac Bleu, en haut et le Lac Vert, en bas. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Lac Bleu, en haut et le Lac Vert, en bas. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Lac Vert. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Lac Vert. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Entre des passages exposés, vous atteignez, après le Lac Bleu, la jonction avec la montée au refuge du Maupas depuis la Vallée de Lys. De là, vous remonterez pour ensuite obtenir un dîner chaud et un repos bien mérités.
      Chemary y Nathalie, gardienne, du refuge de Maupas. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Chemary y Nathalie, gardienne, du refuge de Maupas. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Refuge de Maupas. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Refuge de Maupas. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo

      Étape 1. Du refuge de Maupas à l’Hospice de France à travers le Col de Sacroux et le Chemin de l’Impératrice

      • Distance : 17,4km
      • Dénivelé + : 550m
      • Dénivelé - : 1500m
      • Durée approx. : 8 h 15 min (arrêts inclus)
      • Altitude max : 2432m Ref. Maupas
      • Altitude min : 1376m Hospice de France

      Une autre étape à retenir qui, en plus, du fait de l'altitude élevée à laquelle vous avez dormi, offre plus de descentes que d'ascensions. Nous la terminerons avec le tracé du célèbre Chemin de l'Impératrice.

      Description

      Depuis le refuge du Maupas, il faudra emprunter le sentier qui part du refuge en direction de la vallée du Lys, jusqu'au croisement avec le lac Vert, par un sentier qui monte et descend en maintenant l'altitude jusqu'à ce que vous atteignez le lac. Le contraste des pentes, du lac et de ses pins verts avec le granit et la neige en altitude est spectaculaire.

      Vue panoramique sur le Lac Vert. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Le Lac Vert. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Après le lac Vert, en descendant, vous laisserez derrière vous la cabane de Goües, prévu uniquement pour les bergers, qui porte le même nom que le pic qui la domine et le lac qui l'accompagne. Nous passons à côté du boum, en descendant un peu du sentier principal jusqu'au lac.
      Cabane de Goües. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Cabane de Goües. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Peu après, il faut suivre un petit sentier à droite, sur la pente herbeuse, qui monte facilement jusqu'au col de Pinata. De là, nous avons une vue panoramique spectaculaire sur l'ensemble de l'itinéraire et sur le reste du chemin jusqu'au col de Sacroux.
      Sur le Coll de Pinata. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Sur le Coll de Pinata. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Entre les deux cols, sous le regard des sommets de Maupas, Bom et Mall Barrat, vous devez emprunter une traversée quelque peu exposée du fait que le sentier, en herbe et assez raide, se voit affecté par les effets du déplacement de la neige.
      Sur le Coll de Sacroux. Photo: Chemary Carrera
      Sur le Coll de Sacroux. Photo: Chemary Carrera
      Vous arriverez au Coll de Sacroux et trouverez, une fois de plus, un point de vue spectaculaire sur les deux côtés, en particulier sur le Circo de la Glera, où vous descendrez.
      Sur le Chemin de l
      Sur le Chemin de l'Imperatrice. Photo: Chemary Carrera
      Sur le Chemin de l
      Sur le Chemin de l'Imperatrice. Photo: Chemary Carrera
      Après l'ascension du col de la Glera, vous trouverez le départ du célèbre chemin de l'Impératrice. Il s'agit d'un sentier très confortable qui traverse une forêt de pins, de hêtres et de chênes et qui vous mènera à l'Hospice de France.
      Hospice de France. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Hospice de France. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo

      Étape 3. De l’Hospice de France au Refuge de Vénasque - Pic Salvaguardia

      • Distance : 11km
      • Dénivelé + : 1385m
      • Dénivelé - : 500m
      • Durée approx. : 6 h 30 min (arrêts inclus)
      • Altitude max : 2738m, Pico Salvaguardia
      • Altitude min : 1376m, Hospice de France
      De l’Hospice de France au Refuge de Vénasque. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      De l’Hospice de France au Refuge de Vénasque. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Le dernier refuge de cet étape se trouve avant la fin du parcours. Lorsque vous atteindrez le refuge de Vénasque, vous pourrez profiter de l'après-midi pour escalader le Pic Salvaguardia, un endroit privilégié avec des vues incroyables sur les vallées de Benasque et de Luchon, avec les grands massifs de l'Aneto et du Maladetas qui les surplombent.
      Vers le Refuge de Vénasque. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Vers le Refuge de Vénasque. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Description

      Vous quitterez l'Hospice de France par le sentier qui monte directement au Port de Vénasque. De là, vous aurez une montée en zigzag qui traverse les deux falaises jusqu'aux lacs où se trouve le nouveau refuge de Vénasque.

      Refuge de Vénasque, depuis le Port de Benasque. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Refuge de Vénasque, depuis le Port de Benasque. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Vous dormirez ici. Vous pourrez donc y laisser tout le matériel qui n'est pas essentiel et pourrez continuer vers le sommet du Pic de Salvaguardia avec moins de poids.
      Le Port de Benasque. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Le Port de Benasque. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Vous atteindrez d'abord le col de Benasque, et nous retrouvons la sensation de ceux qui l'ont franchi pendant des milliers d'années : une première vue sur les massifs de l'Aneto et du Maladetas, jusqu'alors cachés. C'est quelque chose d'unique, comme si vous pouviez toucher ces géants du bout des doigts.
      L’Aneto et les Maladetas depuis le Port de Benasque. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      L’Aneto et les Maladetas depuis le Port de Benasque. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Après seulement 10 ou 15 mètres de descente, nous tournez à droite et continuez 300 mètres plus bas vers le sommet de Salvaguardia. Il s'agit d'un sentier confortable, bien qu'il soit exposé à certains endroits. Attention à ne pas glisser si le sol est mouillé!
      Le Salvaguardia entre les nuages. Vers la droite, le Port de Benasque. Photo: Chemary Carrera
      Le Salvaguardia entre les nuages. Vers la droite, le Port de Benasque. Photo: Chemary Carrera
      La Salvaguardia offre peut-être l'une des plus belles vues panoramiques des Pyrénées. Devant, Aneto-Maladetas, plus loin, Posets-Perdiguero. En vous retournant, vous retrouverez le chemin parcouru il y a quelques jours. Derrière vous, la vallée de Luchon. En dessous de vous, les ibones de la Montañeta et les lacs où vous passerez la nuit.

      Étape 5. Du Refuge de Vénasque à celui de Artiga de Lin, par les ports de Benasque et la Picada

      • Distance : 9km
      • Dénivelé + : 400m
      • Dénivelé - : 1100m
      • Durée approx. : 6 heures (arrêts inclus)
      • Altitude max : 2477m Port de la Picada
      • Altitude min :1470m Ref. Artiga de Lin

      Une journée au cours de laquelle, jusqu'à la longue descente finale vers les terres du Val d'Aran, vous contournerez les montagnes entre les cols par les pentes qui les rejoignent, avec peu de dénivelé.

      Description

      Aujourd'hui, vous commencerez par refaire le petit sentier qui vous sépare du col. Une fois entamée la descente qui vous mènera au fond de la vallée de Benasque, après environ 100 mètres de dénivelé, vous tournerez à gauche sur un sentier qui porte le numéro 23, indiqué sur les routes des Ports de Luchon.

      Détour par le Port de la Picada. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Détour par le Port de la Picada. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Vous passerez devant l'ancienne maison Cabellut, avec les cabanes de mineurs qui y vivaient lorsque, pendant les courts mois de l'été pyrénéen, ils exploitaient le Pic de la Mina. Le minerai qui en était extrait était transporté à cheval jusqu'à Luchon.
      Ruines de la Casa Cabellut
      Ruines de la Casa Cabellut
      Les Basetes du Portillón, entre les deux Ports. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Les Basetes du Portillón, entre les deux Ports. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Vers le Port de la Picada. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Vers le Port de la Picada. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Le sentier ne perd pas trop de hauteur et, dans une diagonale confortable, il vous amène au col du Port de la Picada. Un endroit qui vous donne une grande et différente perspective du pied du Port de Benasque et du Pic Salvaguardia. Vers le Val d'Aran, vous pouvez voir la chaîne qui part du Mont Corbison vers le Montpius, et toute la chaîne des Tuques de Villamuerta jusqu'à la Tuca Blanca de Pomero.
      Port de la Picada. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Port de la Picada. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Dans peu de temps, vous passerez la jonction de la descente vers Era Artiga de Lin, avec le Pas dera Escaleta, qui vous ramènera à l'Hospice de France.
      En descendant vers Era Artiga de Lin. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      En descendant vers Era Artiga de Lin. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      La longue et raide descente vous mènera à la forêt d'Artiga de Lin, un endroit qui ne peut être décrit que comme la maison des fées et des gnomes.
      La forêt de Era Artiga de Lin
      La forêt de Era Artiga de Lin
      Pont de Pomerò. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Pont de Pomerò. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Peu après avoir traversé la forêt, au milieu d'une prairie, vous apercevrez le refuge Artiga de Lin, votre lieu de repos pour la nuit.
      Refuge Era Artiga de Lin
      Refugio Era Artiga de Lin
      Mais aujourd'hui, à titre exceptionnel, nous vous recommandons, une fois installés, de faire une promenade pour visiter les Uelhs de Joèu. Un endroit incroyable : l'eau qui descend du glacier de l'Aneto, en atteignant les hauteurs des Llanos del Hospital, s'enfonce dans le Forau d'Aigualluts, laissant une partie de la haute vallée de l'Ésera sans rivière. Après 12 kilomètres sous terre, au cours desquels il traverse les montagnes frontalières, il réapparaît de manière extraordinaire au milieu de la forêt du Val d'Aran.
      Uelhs de Joèu. Photo: Refuge Artiga de Lin
      Uelhs de Joèu. Photo: Refuge Artiga de Lin
      Cette eau constitue ainsi l'une des sources de la Garonne et, sans tenir compte de son apparente réalité terrestre et du fait qu'elle est conçue comme un cours d'eau, après avoir traversé le sud de la France, elle se jette dans le golfe de Gascogne au lieu de suivre son cours naturel vers la Méditerranée.
      Chemary avec Silvia y Joan, gardiens de Era Artiga de Lin. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      Chemary avec Silvia y Joan, gardiens de Era Artiga de Lin. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo

      Étape 5. De Era Artiga de Lin au Refuge de la Renclusa à travers le Col de Toro/Còth de Hòro et le Forau de Aigualluts.

      • Distance : 9,5 km
      • Dénivelé + : 1025m
      • Dénivelé - : 400m
      • Durée approx : 6 heures 30 min (arrêts inclus)
      • Altitude max : 2241m, Col de Toro
      • Altitude min : 1470m, Refuge Artiga de Lin

      Jour de retour dans la vallée de Benasque. La fin du circuit à travers les hospices est proche.

      Description

      Le matin, vous partirez du Refuge de Era Artiga de Lin par la prairie et devrez faire face à une légère montée. Elle est de courte durée ; dès que vous atteindrez 1 650 m, vous devrez surmonter 400 mètres de dénivelé exigeants.
      Cordes vers le Coll de Toro
      Cordes vers le Coll de Toro
      Il s'agit d'un parcours marqué par la présence de cordes dans les passages les plus aériens mais, il faut être très prudent surtout s'il y a de l'humidité. C'est ce qui arrive généralement, car les pluies abondantes de la région sont souvent accompagnées d'un brouillard typique des Pyrénées septentrionales. Cette humidité vous permet de grimper avec un spectacle de couleurs sous vos yeux. Les fleurs illuminent généralement le sentier à de nombreuses reprises au printemps et en été.
      Ibón de Coll de Toro
      Ibón de Coll de Toro
      Nous arrivons au lac du Col de Toro, Còth de Hòro en aranais, un endroit très spécial. En regardant vers le sud, le pic d'Aigualluts empêche de voir la face nord de l'Aneto, mais, comme on peut le voir sur la photo ci-dessous, à gauche de ce pic, on a une excellente vue sur la célèbre crête Salenques-Tempestades.
      En arrivant au Coll de Toro. Les troismilles et la vallée de Benasque
      En arrivant au Coll de Toro. Les troismilles et la vallée de Benasque
      À la fin de la descente, vous apercevrez les Llanos de Aigualluts ; une fois arrivés, l'Aneto apparaîtra dans toute sa splendeur au-dessus de vous.
      En arrivant à los Llanos de Aigualluts. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      En arrivant à los Llanos de Aigualluts. Photo: Chemary Carrera/Maspirineo
      L’Aneto depuis les Llanos de Aigualluts. Photo: JChueca
      L’Aneto depuis les Llanos de Aigualluts. Photo: JChueca
      Une fois dans la plaine, vous continuez à descendre tranquillement jusqu'au Forau de Aigualluts, déjà mentionné. Il s’agit d’une grande dépression par laquelle les eaux de l'Aneto disparaissent sous terre pour réapparaître de l'autre côté de la montagne, dans les Uelhs de Joèu. Là, vous prendrez le GR11.5 en montée jusqu'au refuge de la Renclusa, avec une dernière descente de 20 minutes après avoir atteint le col du même nom.
      Forau de Aigualluts. Photo: JChueca
      Forau de Aigualluts. Photo: JChueca

      Étape 6. Du refuge de la Renclusa aux Llanos del Hospital

      • Distance : 8,5km
      • Dénivelé + : 485m
      • Dénivelé - : 870 m
      • Durée approx : 6 h 30 min (arrêts inclus)
      • Altitude max : 2622m, Pic de Paderna
      • Altitude min : 1760m, Llanos del Hospital

      Dernier jour de l'itinéraire, et on finit en beauté. Vous pourriez simplement descendre en peu de temps de La Renclusa à Llanos del Hospital en suivant la vallée ; en fait, vous auriez pu le faire la journée précédente lorsque vous aviez atteint le Forau de Aigualluts.

      La Renclusa et à gauche, la Tuca de Paderna. C’est par là que votre chemin se poursuit. Photo: Chemary Carrera
      La Renclusa et à gauche, la Tuca de Paderna. C’est par là que votre chemin se poursuit. Photo: Chemary Carrera
      Mais nous vous recommandons de ne pas le faire. Le voyage que nous vous proposons en vaut la peine. Et, bien sûr, passez la nuit entre les murs historiques de la Renclusa.

      Et cela vaut la peine pour le voyage, pour la Renclusa, mais aussi parce que vous pouvons atteindre le sommet de la Tuca de Paderna. Un point de vue extraordinaire d'où vous aurez une vue parfaite de tous les cols de montagne que vos pieds et votre passion vous ont fait franchir.

      Un dernier sommet qui conclut de la meilleure des manières tout ce qui a été fait. Il est en quelque sorte un dernier hommage à ces 6 jours intenses.

      Description

      Vous partirez du refuge par le sentier qui monte aux lacs de Paderna. Vous devrez monter une pente raide jusqu'à ce que le sentier s'adoucisse pour vous laisser sur une plaine avec les méandres sous le pic Paderna, et profiter de cette vue à la fois imposante et impressionnante.

      Pic de Paderna. Photo: Chemary Carrera
      Pic de Paderna. Photo: Chemary Carrera
      À gauche des méandres se trouve l'ibón, que vous devrez traverser pour passer sous un affleurement rocheux qui vous laissera dans une mer de blocs de granit que vous aurez l'habitude d'appeler "le labyrinthe" ; vous le traversez par l'endroit le plus évident qui évite les blocs les plus gros. Vous continuez vers le col de Paderna, en laissant le sommet à droite, jusqu'à ce que vous apercevez un col légèrement incliné sur la gauche : c'est l'ancien col de Paderna.
      Depuis le Collado de Paderna. Photo: Chemary Carrera
      Depuis le Collado de Paderna. Photo: Chemary Carrera
      Si vous savez vous orienter, vous trouverez un petit sentier dans l'herbe, l'ancien col des moutons. De là au sommet de Paderna, il y a environ 20 minutes de pente avec un sentier un peu raide (attention au vent).

      La photographie, qui combine plusieurs plans en grand angle, ne rend pas justice à la grandeur et le spectacle qu'offre la montagne sous vos yeux.

      Vue panoramique depuis le sommet de Paderna, avec tous les ports. Photo: Chemary Carrera
      Vue panoramique depuis le sommet de Paderna, avec tous les ports. Photo: Chemary Carrera
      Vous retournez au col et descendez dans la vallée de Paderna, où vous avez une barre de couleur comme point de référence pour mesurer la hauteur de la neige. De là, en diagonale vers la gauche, vous verrez un cours d'eau qui vous laissera directement sur le tube supérieur de Paderna et, après l'avoir descendu, à travers la clairière, vous atteindrez la piste de Besurta, tout près de l’Hospice de Benasque, dans les Llanos del Hospital.

      C'est là, 6 jours après notre départ, que s'achèvera votre grand circuit des hospices.

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