Matériel de canyoning. Equipement indispensable pour le canyoning

Le canyoning, dont les caractéristiques et les techniques sont à mi-chemin entre la randonnée, l'escalade et la spéléologie, est une activité qui a ses propres particularités. Un environnement changeant avec des équipements très spécifiques nécessaires. Nous vous aidons à choisir le matériel indispensable pour le canyoning.

Canyoning. Activité esthétique et amusante, mais très technique.

Le canyoning est une activité qui n'a pas cessé d'être à la mode depuis quelques décennies. Activité facile et amusante quand on choisit les bonnes descentes, nécessitant peu de matériel et des techniques de base, on peut pratiquer un sport très ludique. Cependant, le canyoning est une activité qui se déroule dans un environnement très changeant. Un milieu qui, en fonction de la période de l'année ou des précipitations, peut passer d'un débit d'eau sans problème à une grosse quantité d'eau glacée ou, en quelques jours, d'une descente impraticable à une sécheresse qui le maintient complètement à sec. Avec ces variables, comme il est facile de l'imaginer, l'équipement nécessaire pour un tel environnement est très dépendant des conditions que l'on s'attend à trouver.

Aussi, vu de l'extérieur, il y a une certaine perception d'une activité facile techniquement car il suffit de savoir faire du rappel. De l'intérieur nous savons que cela n'est vrai que dans quelques canyons et dans des conditions très particulières de faibles débits. Il est nécessaire de connaître de nombreuses et diverses manœuvres lorsque le canyon est compliqué, ainsi que de savoir interpréter les mouvements de l'eau et autres dangers inhérents à la descente. Nous vous recommandons cette vidéo sur le rappel débrayable que nous avons publiée il y a quelque temps pour découvrir ou revoir l'une des manœuvres les plus courantes aujourd'hui en canyoning.

Comme nous l'avons dit, il est difficile de recommander un unique matériel pour tous les types de canyon. Le type de matériel et ses caractéristiques varient en fonction de la descente à réaliser. Cependant, il y a un quorum parmi les basiques de cette activité ; les matériels indispensables pour pratiquer le canyoning sont :

  • Combinaison en néoprène.
  • Chaussures adhérentes.
  • Sac à dos avec orifices de drainage et bidon étanche
  • Harnais de canyoning
  • Descendeur, longe et mousquetons de sécurité.
  • Cordes semi-statiques.
  • Casque.

En plus de ce matériel de base, il en existe d'autres qui sont également essentiels et que nous expliquerons à la fin de cet article. A présent, nous allons analyser cette liste point par point.

Tenue

Au début du canyoning, jusque dans les années 80, les combinaisons étaient un matériau relativement rare. Il était d'usage d'éviter l'eau froide avec des vêtements épais ou des bateaux gonflables. Lorsque le passage dans l'eau était inévitable, le risque d'hypothermie montait en flèche.

Par la suite sont arrivées les combinaisons de plongée qui, bien que peu adaptées à cette activité, permettaient un confort thermique méconnu jusqu'alors. Les limites de ces combinaisons, peu confortables pour la marche et la dextérité, en plus du peu ou de l'absence de renfort, ont été dépassées avec l'apparition de combinaisons spécifiques pour le canyoning.

Néoprène

Le néoprène, techniquement polymère de chloroprène ou polychloroprène, est un matériau relativement ancien (bien parti pour atteindre le siècle depuis sa découverte). Il est flexible, résiste aux torsions et ne se dégrade pas facilement au soleil, à la chaleur ou aux produits chimiques.

La fonction qu'il a en canyoning est de permettre l'entrée d'une couche d'eau millimétrique que le corps chauffe instantanément et qui nous isole dans la mesure où cette eau n'est pas renouvelée par des entrées et sorties continues d'eau nouvelle. Il faut donc choisir une tenue ajustée, de façon à ce que le renouvellement de l'eau soit minimal, mais qui permette une certaine mobilité.

Pour que le néoprène remplisse pleinement sa fonction, il nous faudra anticiper la fermeture des zips lors de l'entrée dans l'eau et ne pas avoir de trou par lequel l'eau s'échappe ou entre. La capuche n'est généralement pas utilisée et nous empêche aussi complètement de communiquer, mais elle est très utile dans des conditions de froid extrême.

Pour ce qui nous intéresse, le néoprène est indispensable en milieu aquatique pour deux raisons principales :

  • Isolation thermique : Il peut sembler qu'avec le beau temps associé au canyoning, nous aurons toujours chaud. Mais l'eau glacée au fond d'un canyon pendant des heures peut provoquer une grave hypothermie qui peut se terminer de la pire des façons.
  • Protection: Il assure une bonne protection face aux nombreux coups que nous pouvons recevoir dans les tibias, les genoux, les épaules, etc. En cas d'accident, il permet également une certaine immobilisation de la partie blessée. Cette immobilisation est indispensable pour que certaine blessure ne s'aggrave pas.

En plus de cela, par sa structure et sa construction, la combinaison favorise grandement la flottabilité, ce qui permet de rester plus facilement dans l'eau sans se mettre debout ou même d'avancer en étant emporté par le courant.

Combinaison en néoprène deux pièces pour canyoning.

On peut trouver deux types de combinaison intégrale : la deux-pièces ( salopette et veste) ou la monopièce. Selon l'activité et les goûts, nous opterons pour l'une ou l'autre :

  • Néoprène monopièce : généralement plus confortable et plus léger, il est aussi un peu moins isolant et moins polyvalent. C'est généralement un choix approprié pour les activités rapides.
  • Néoprène deux pièces : l'option la plus courante. Il permet une grande polyvalence car il peut être utilisé sans veste dans le cas de canyons avec peu d'eau et vous pouvez changer qu'une seule des pièces lorsqu'elle s'est détériorée. Dans la zone du tronc, il combine l'épaisseur de la salopette avec celle de la veste, de sorte que l'isolation thermique dans cette zone est exceptionnelle.

En ce qui concerne l'épaisseur, il est habituel dans les eaux froides de montagne d'utiliser un néoprène de 5 mm d'épaisseur, bien qu'il soit également courant de trouver 3 mm en cas d'utilisation dans des eaux moins froides ou en cas d'activités rapides. Certains modèles utilisent des épaisseurs inférieures au niveau des jambes et des bras pour permettre la mobilité nécessaire aux manœuvres habituelles de progression (désescalade, natation, marche, descente en rappel) et présentent des préformations pour éviter la rigidité habituelle de ce matériau lorsqu'il est ajusté au corps.

Canyoning d'hiver. Ne lésinez pas sur l'épaisseur du néoprène.

Parfois, il est courant de combiner les salopettes avec les vestes de kayak si on ne va pas se submerger mais qu'on veut éviter les éclaboussures d'eau lors des rappels. De même, l'utilisation de vestes plus fines dans les descentes qui le permettent est une pratique qui gagne en popularité. Les deux options, veste de kayak ou veste fine en néoprène, sont une alternative très confortable pour les petits débits ou dans le cas de personnes tolérant l'eau froide. D'autre part, on a tendance ces derniers temps à utiliser les combinaisons étanches dans des conditions très froides.

Sous-vêtements

Le néoprène assure une protection thermique très bénéfique pour notre activité, mais une tenue aussi serrée n'est pas étrangère aux irritations qu'elle provoque. Si nous portons des vêtements amples sous le néoprène, la blessure cutanée est assurée à causes des froissements causés par l'humidité et la pression.

C'est pourquoi il est essentiel de porter des vêtements spécifiques. Des collants ou maillots moulants sous le pantalon et des sous-vêtements adaptés au canyoning sont indispensables pour ne pas souffrir lors des longues descentes. De plus, placer un vêtement intermédiaire fin entre notre peau et le néoprène, permet de laver ce vêtement et non le néoprène, qui par son volume est bien souvent ennuyeux.

Chaussons et gants

Les chaussons sont indispensables car, peu importe le niveau d'eau d'un canyon, il sera rare que nous n'ayons pas les pieds submergés. Si nous parlons de la problématique du froid dans les eaux glacées, nous comprenons que l'un des points les plus sensibles sont les pieds et, par conséquent, ils nécessitent une protection spéciale.

Comme pour le néoprène, on trouve généralement des épaisseurs de 5 ou 3 millimètres. Des chaussons de 5 millimètres sont plus isolants, bien qu'ils réduisent la sensibilité. En raison de son manque total de respirabilité, il n'est pas recommandé de faire de longues approches avec les chaussons, à cause des problèmes liés à la transpiration permanente et à la chaleur intense.

Chaussons Seland Neo 3

Les gants sont particulièrement utiles dans les eaux froides, et nous aident à ne pas avoir les mains " endormies " lors des manœuvres techniques. N'oubliez pas que les mains seront mouillées pendant des heures. Ils donnent beaucoup de sécurité lors des rappels.

Chaussures

Il semble absurde de devoir rappeler que dans une rivière, un canyon ou un torrent, l'humidité, le fond poli par l'érosion et l'existence de boue, de mousse ou d'algues provoquent plus d'une glissade. Cependant, les chaussures spécifiques pour le canyoning figurent parmi le matériel le plus négligé. Il n'est pas rare de trouver des personnes confrontées à une descente avec de vieilles chaussures et une semelle presque inexistante ou des modèles premier prix non adaptés à ce type de terrain.

Voilà pourquoi nous ne pouvons cesser de recommander des chaussures spécifiques pour le canyoning. Ce sont les seules qui assurent une réelle adhérence à chaque instant dans des conditions très différentes de roches lavées et humides, une combinaison mortelle en matière d'adhérence. De nombreux accidents de canyoning sont causés par de simples glissades.

Mais ce n'est pas seulement la semelle et l'adhérence qu'elle procure qui sont importantes dans une descente ; toute la chaussure est conçue pour protéger nos pieds et résister aux conditions parfois très difficiles du monde aquatique et rocheux. Elle a la difficile mission de protéger nos chevilles tout en permettant une bonne mobilité en toute sécurité. Il est difficile de croire que de tels modèles existent, mais les modèles spécifiques à cette activité le permettent dans une large mesure.

Humidité et terrain accidenté. Une bonne tenue et une bonne adhérence sont nécessaires.

En ce qui concerne le maintien, il existe plusieurs types. Cependant, nous considérons comme essentiel la possibilité de protéger les lacets grâce à une sorte de poche ou de rabat afin d'éviter les accrocs ou, dans le pire des cas, de provoquer un déchaussement indésirable.

Si l'on ne dispose pas de ce type de chaussure, il est recommandé que celle que l'on va utiliser, ait au moins une adhérence très contrastée sur tous les types de surfaces.

Sacs à dos et bidons étanches

Peu de matériel de montagne souffrent autant que le sac à dos d'un canyonneur. Coups, frottements, chutes de plusieurs mètres dans le vide. D'une part, le sac à dos nous aide à transporter le matériel mais d'autre part, c'est un élément dangereux qui peut nous mettre en difficulté en cas de sauts, de remous, de siphons...

N' importe quel sac à dos de canyoning ne fait pas l'affaire. Le sac à dos doit être résistant et spécifique pour cette activité, fait d'un matériau non absorbant et sa principale exigence étant sa capacité de drainage(perforations permettant d'évacuer l'eau à la sortie des bassins). Il est vrai que vous pouvez aussi utiliser des sacs à dos imperméables dans des activités plus modérées comme la randonnée en rivière. Cependant, le résultat de ces sacs à dos en matière de résistance et d'étanchéité dans les sauts laisse beaucoup à désirer.

Par ailleurs, il est essentiel, surtout sur les côtés, qu'il n'y ait pas de sangles extérieures et qu'il soit lisse pour éviter les accrocs. Un sac à dos normal avec des sangles et des boucles peut nous mettre en difficulté en cas de débits excessifs. De même, il est important que les bretelles du sac à dos puissent être libérées rapidement au cas où nous devrions le faire si nous sommes pris dans un mouvement d'eau dangereux.

La fonction principale d'un bidon étanche est d'assurer que votre équipement personnel (téléphone portable, clés, documents, etc.) ne soit pas mouillé, mais il remplit une autre fonction tout aussi importante : il facilite la flottabilité du sac à dos dans lequel il est inséré. Si le matériel que vous transportez dedans est fragile, vous devez le protéger contre les chocs d'une manière ou d'une autre, par exemple en l'enveloppant dans un vêtement ou avec une sorte de rembourrage.

Le volume habituel étant le bidon étanche de 6 litres si on va y mettre des vêtements ou une serviette en microfibre, mais à dire vrai, pour l'été avec un bidon étanche de 3,5 litres on a généralement assez de place pour une trousse de secours, des clés, un téléphone portable, nos papiers et un peu de nourriture. Si vous devez transporter des équipements plus volumineux tels que des perceuses électriques, vous devrez opter pour des bidons étanches de 15 litres voire des capacités plus importantes.

Baudrier de canyoning

Il ne semble pas y avoir un élément dans l'équipement des alpinistes qui soit régi par une norme unique et pour lequel il existe une plus grande diversité que pour les baudriers.

Il est curieux que les normes UIAA 105 et EN 12277:2015 ne fassent pas la différence entre les exigences requises pour les baudriers destinés à des utilisations aussi diverses que l'escalade, le canyoning, la spéléologie et le ski de randonnée, même si, heureusement pour nos intérêts en matière de sécurité, les normes sont exigeantes en termes de résistance mais très ouvertes en termes de conception.

Ainsi, les harnais de canyoning, avec lesquels, hormis une manœuvre de réchappe ou le montage d'une main courante, nous ne serons pas exposés à des chutes importantes, répondent aux mêmes exigences de résistance qu'un harnais d'escalade sportive dans lequel les " vols " sont constants.

Cependant, pour plusieurs raisons, nous allons rechercher un baudrier spécifique pour le canyoning :

  • Ils ont un point d'ancrage haut et renforcé, qui nous permet de rester à la verticale en suspension. Ceci est particulièrement important sous les cascades, où la force de l'eau peut vous faire faire une dangereuse culbute.
  • Laceinture et les sangles de cuisse assurent un bon maintien lors des fréquentes descentes en rappel.
  • Ils sont constitués d'un matériau peu rembourré pour deux raisons : il n'est pas nécessaire lorsqu'il est utilisé avec du néoprène et il évite l'absorption d'eau et un poids additionnel.
  • Ils sont fortement renforcés contre les innombrables frictions que nous subirons. La plupart du temps, ces renforts sont indispensables et sont amovibles au niveau des fesses.

Casque

Si dans une activité la nécessité de porter un casque est évidente, c'est, avec la spéléologie, le canyoning. C'est important non seulement en raison de ce qui peut tomber d'en haut et être entraîné par le courant, mais aussi parce qu'il est fréquent de glisser ou de trébucher dans un environnement au sol aussi irrégulier et glissant que le lit d'une rivière.

Sur l'importance du casque, comment le choisir et les différences entre les différents modèles, vous pouvez lire l'article sur les casques d'escalade et d'alpinisme que nous avons rédigé pour vous.

La norme CE EN-12492 pour les casques d'escalade et d'alpinisme est exigeante en ce qui concerne les impacts sur la partie zénithale du casque. Cependant, nous recommandons que le casque que vous choisissez pour le canyoning soit bien protégé tout autour de la tête. La raison en est précisément les chutes classiques qui peuvent se produire et la possibilité de tomber la tête la première sur le sol. À propos des casques avec protection enveloppante, nous avons également écrit un article que vous pourriez trouver intéressant de lire.

Ce n'est plus aussi courant qu'il y a quelques années, mais nous devons continuer à insister sur le fait que les casques destinés à d'autres disciplines comme le vélo ou l'eau vive ne sont pas recommandés pour le canyoning, où la protection contre les chocs, les chutes d'objets et la légèreté sont valorisées.

Cordes

Bien que les cordes dynamiques puissent être utiles pour sécuriser le montage de mains courantes ou la réchappe d'un canyon, ainsi que pour servir de cordes de secours, il est important de préciser que l'utilisation de cordes dynamiques pour le rappel dans les canyons est fortement déconseillée. L'existence d'arêtes vives ainsi que les changements de position habituels pour éviter l'impact des cascades, font que les vieilles cordes d'escalade, humides et effilochées, que l'on voit parfois dans les canyons, représentent une garantie d'accident.

Rappel en double avec corde semi-statique

Nous choisirons toujours des cordes semi-statiques pour le canyoning. Ces dernières années, le diamètre le plus courant est de 9 mm, bien qu'il existe une large gamme d'utilisation entre 9 et 10 millimètres ; au-delà de 10 mm, elles ne sont pratiquement plus utilisées, sauf pour les canyonneurs qui recherchent un freinage supplémentaire, une sécurité en cas de frottement inévitable ou un confort pour les personnes de poids élevé.

Certains pensent que les cordes statiques devraient être utilisées à la fois en canyoning et en spéléologie. Cette idée n'est pas correcte ; elle découle de l'erreur consistant à appeler les cordes semi-statiques des cordes statiques. Les cordes purement statiques ne sont pratiquement jamais utilisées, et cela se limite à des situations très spécifiques telles que les sauvetages, le levage de charges ou le montage de tyroliennes, de ponts tibétains ou d'autres manœuvres dans lesquelles la corde est soumise à une forte tension. Mais la plupart des gens appellent une corde qui n'est pas dynamique, statique. En réalité, ce à quoi ils font référence est une corde semi-statique.

La longueur de la corde est impossible à préciser dans cet article, car elle dépend du type de canyon que vous allez faire. Il est évident que vous devez toujours emporter deux cordes d'une longueur au moins égale à celle du plus long rappel que vous rencontrerez. Il existe des manœuvres et des ressources qui vous permettent de "tricher" avec cette dernière affirmation, mais en termes généraux, ce sera toujours le cas.

On peut dire que si vous avez deux cordes de 50 mètres, il y aura très peu de canyons que vous ne pourrez pas aborder, même si bien sûr il y a toujours des exceptions. Pour éviter d'avoir à récupérer en permanence toute la corde à chaque rappel, il est généralement bon d'utiliser un sac à corde comme le Sera de Rodcle qui permet de ne sortir que la corde dont on a besoin et qui, entre autres avantages comme celui d'éviter les nœuds, aide à ne récupérer que la quantité de corde utilisée lors du rappel.

Rappel avec un sac à corde

Dans cet article, Comment choisir sa corde d'escalade, nous expliquons cette question et bien d'autres points intéressants.

En raison de l'usure que subissent les cordes de canyoning, vous serez peut-être également intéressé par cet article sur l'entretien des cordes dans lequel nous vous expliquons comment prendre soin de cet élément et quelles sont les bons gestes pour les faire durer plus longtemps.

Système d'ancrage et de descente

En arrivant sur un rappel, la première action est toujours de se vacher et la dernière de se dévacher. Pendant que nous préparons la manœuvre, nous ne devons jamais nous relâcher et le non-respect de cette règle de base est la cause de nombreux accidents.

Double vache

Faites maison avec deux mètres de corde dynamique de 9 mm et une plaque Slyde ou achetées toutes prêtes, les vaches sont un élément de base de tout harnais d'alpiniste, mais surtout de canyoneur, où glisser à la tête d'un rappel n'est pas une option.

Vachage en suspension lors de la préparation d'un rappel

Nous choisirons une double vache étant donné qu'il est courant de trouver des mains courantes d'accès aux relais. De cette façon, nous pourrons toujours passer en toute sécurité les points intermédiaires ou nous ancrer à l'installation avec un brin sans avoir à nous libérer de la main courante. Il est fortement recommandé que l'une des vaches soit réglable afin que nous puissions choisir la distance la plus confortable par rapport au relais pour effectuer les différentes manœuvres.

Descendeurs

Le descendeur de type huit est celui qui donne les meilleurs résultats en canyoning grâce à ses performances, sa facilité d'utilisation et, pourquoi ne pas le dire, son prix économique. La rapidité de mise en place de la corde et, comme principal avantage, la possibilité de passer la corde sans retirer le descendeur du mousqueton font du Huit le descendeur par excellence du canyoning.

Cependant, la spécificité des descendeurs conçus uniquement pour le canyoning, avec des conceptions permettant différentes positions de freinage en fonction du poids, du diamètre de la corde, de la technique utilisée, de la vitesse souhaitée et d'autres paramètres, fait que de plus en plus de canyonistes techniques choisissent des modèles de descendeurs spécifiques pour cette activité.

Néanmoins, un huit de rechange n'est jamais superflu et pour les manœuvres alternatives comme le rappel débrayable devrait être un équipement obligatoire dans tout harnais de canyoniste.

Mousquetons de sécurité

Les mousquetons de sécurité pour le canyoning devraient toujours être à vis, car il y a moins de risque de blocage si de la saleté s'introduit dans le système de verrouillage ou si la mobilité des doigts est limitée par le froid ou pour d'autres raisons.

Normalement un mousqueton HMS est utilisé pour le descendeur et deux autres pour la double vache, bien que selon les manœuvres que nous prévoyons d'effectuer et la quantité de matériel que nous emportons, le nombre de mousquetons peut être très important. 

Il y a sûrement deux sujets qui vous intéressent à ce sujet : d'une part, l'article sur tous les types de mousquetons et comment les choisir et d'autre part l'article sur l'entretien et la maintenance de tout votre matériel métallique mobile de montagne pour que vos mousquetons durent plus longtemps et soient en meilleur état.

Autres éléments indispensables

Jusqu'à présent, nous avons listé et décrit brièvement l'équipement de base pour le canyoning. Avec ce qui précède, vous pourriez faire n'importe quel canyon dans n'importe quelles conditions... tant que vous ne rencontrez pas de problèmes tels que des blocages de corde, des installations inutilisables ou devoir communiquer un danger à votre partenaire.

Kit de premiers secours et couverture thermique

Une petite trousse de secours dans une boîte étanche pèse très peu et vous ne la remarquerez pas, en fait vous n'avez même pas besoin de la sortir, sauf pour vérifier que les médicaments que vous y avez mis ne sont pas périmés. L'essentiel pour traiter les plaies ou les bosses est généralement suffisant, ainsi que pour prévenir une éventuelle gêne ou réaction allergique.

Une couverture thermique est également indispensable, non seulement en canyoning mais dans toute activité de montagne, pour protéger du froid (ou de la chaleur si hors du canyon) toute personne accidentée. Certaines personnes ajoutent même du ruban adhésif pour créer un espace totalement clos et générer un point chaud en allumant simplement une bougie.

Couteau

Un couteau à portée de main peut vous sauver d'une belle frayeur si les cordes restent coincées ou pour toute autre raison dangereuse. Il est également utile pour remplacer rapidement une installation de corde ou de sangle.

En raison de sa nature dangereuse, il doit toujours être fermé dans un endroit accessible et être mousquetonnable afin de pouvoir être transporté suspendu au harnais.

Sifflet

La communication vocale entre deux personnes séparées par une chute d'eau est impossible. Le bruit de l'eau en chute libre amplifié par l'étroitesse de la gorge nous empêche d'entendre même nos propres pensées.

Si vous devez dire quelque chose à un partenaire, il vous faut un code gestuel, des émetteurs radio ou, comble de la simplicité, un sifflet avec un code appris par les membres du groupe. Un sifflet muni d'une petite languette permettant de l'attacher au casque ou ailleurs est un outil peu coûteux et extrêmement utile.

Le code sonore (un: stop, deux: li-bre, trois: ra-llon-ger) est généralement le plus courant et reconnu, bien qu'il existe des variantes de ce code qu'il convient de clarifier avant d'entamer la descente.

Alimentation et hydratation

Parfois, les longues approches ou retours, ainsi que le temps passé dans le canyon qui prend beaucoup plus de temps que prévu en raison d'un débit plus élevé, l'attente due à la surpopulation ou tout autre impondérable, nous font manquer d'eau ou commencer à avoir faim si nous n'avons pas prévu cette circonstance.

Heureusement, les gels et les barres, en plus de fournir une bonne dose d'énergie, ajoutent très peu de poids à l'équipement d'un canyoniste. En choisissant le bon produit (énergie instantanée, énergie longue durée, post-exercice...), nous pouvons supporter toute l'activité avec de fortes doses d'énergie, du moment où nous démarrons la marche jusqu'au retour à la voiture, et sans avoir faim.

Quelque chose de similaire se produit avec l'hydratation. La chaleur pendant l'approche et le manque de respirabilité du néoprène provoquent une déshydratation qui consume l'eau que nous avons emportée avec nous et parfois aussi la patience d'attendre la bière ou le soda après la descente. Nous ne trouvons pas toujours de sources ou de fontaines dans la descente et, dans ce cas, les alternatives sont soit de rendre l'eau potable, soit d'avoir soif.

Résurgence pendant la descente. Pas toujours présente ou active.

C'est un cruel paradoxe de ressentir la soif dans le lit d'une rivière, mais la prolifération de micro-organismes dangereux dans l'eau rend déconseillée la consommation d'eau non traitée. L'existence de comprimés permettant de purifier l'eau atténue ce besoin en liquide, mais ils présentent deux problèmes majeurs : ils ne permettent pas une consommation immédiate et ils laissent un goût chimique dans l'eau.

L'apparition des systèmes de filtrage personnels a été un grand avantage pour les canyonneurs, qui ont toujours de l'eau à leur disposition. Simples à utiliser et instantanés, ils ne présentent aucun inconvénient par rapport aux systèmes chimiques traditionnels et tous les avantages. Le système Befree de Katadyn a été une révolution dans ce sens et, plus tard, le filtre Salomon ou similaire, qui peut être couplé à une gourde pour avoir toujours de l'eau potable immédiatement, ont également permis d'éviter d'avoir soif dans un canyon.

A propos des méthodes de purification de l'eau, jetez un œil à cet article sur les différents systèmes de purification de l'eau.

Matériel d'équipement

Nous avons déjà mentionné à quel point un milieu tel qu'un canyon est changeant. D'un jour à l'autre, ou même en l'espace de quelques minutes, on peut voir le débit augmenter de façon spectaculaire et inquiétante.

Ces crues, notamment celles qui touchent les sections les plus étroites d'une descente, affectent souvent les installations, qui sont souvent submergées et heurtées par les pierres et les rondins transportés par les eaux.

Relais en acier inoxydable dans différents états.

C'est pourquoi, sur les descentes moins fréquentées ou en début de saison, il est bon d'avoir du matériel de rechange. Parfois, il suffit de changer une sangle, un maillon ou une corde, mais il faut parfois disposer d'un équipement d'installation et, bien sûr, savoir l'utiliser.

Malgré le poids, la taille et les performances des perceuses électriques actuelles, dans un environnement aquatique tel qu'un canyon, il reste plus efficace d'emporter le matériel traditionnel : ciseau (perceuse à main), mèche et marteau, plus, bien sûr, le matériel à installer comme les goujons à expansion avec leur clé correspondante et les plaquettes.

Nous insistons ici sur l'importance d'utiliser du matériel de qualité et de réaliser correctement l'installation. N'oublions pas qu'après vous, d'autres personnes seront accrochées à ces installations qui supposent que tout a été fait de la meilleure façon possible. Utilisez toujours de l'acier inoxydable dans les équipements collectifs et n'expérimentez pas dans des endroits très fréquentés si vous n'êtes pas encore suffisamment compétent.

Nous espérons que cet article vous a appris quelque chose de nouveau ou a rafraîchi les connaissances que vous aviez déjà. N'oubliez pas qu'en plus d'un équipement adéquat, une formation technique est essentielle pour aborder en toute sécurité n'importe quelle activité de montagne.

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